témoignage de :
mlle--hollyMoi c'est une histoire très banale
J'ai toujours été une fille assez sportive, mais à l'arrêt de sport, j'ai évidemment pris beaucoup de poids, en tout une douzaine de kilogs. En septembre 2007, j'étais arrivée à plus de 67 kilogs. J'avais toujours été une fille normale, sportive, mince, et évidemment beaucoup de personnes m'ont vu grossir et encore grossir... Les gens de mon entourage me regardaient un peu avec du dégoût, sans pour autant me critique, mais je voyais bien que je n'étais plus du tout la même à leurs yeux. Et en particulier aux yeux de maman. C'est elle qui m'a proposée d'aller voir un nutritionniste, car je ne pouvais pas rester comme ça selon elle. Je ne me rendais pas compte de l'ampleur de mon corps.
J'ai donc pris un rendez-vous. Il m'a établi des menus quotidiens ultra équilibrés et pas strictes du tout. Avec du sport évidemment. J'ai tout suivi à la lettre, l'alimentation et le sport. En 9 mois, j'ai ainsi perdu mes 12 kilogs superflus.
J'ai aujourd'hui repris goût au sport mais surtout à la vie. Je pratique à nouveau mes entrainements d'athlétisme, j'ai plaisir à faire du shopping et surtout un grand plaisir à me regarder dans le miroir.
Mais durant les vacances d'été j'avais repris cinq kilogs à cause de certaines crises d'avant qui étaient revenues...
Là tout allait très mal. Je pleurais sans cesse... Rien n'allait plus. Je voulais arriver à 50 kilogs. Mais avec du recul je me rends compte que c'était complètement ridicule. Je suis très jolie à 55 kilogs, j'aime mon corps tel qu'il est maintenant.
Voici un texte que j'avais écrit avec beaucoup de recul, il y a quelques temps :
Je n'avais jamais réussi à comprendre ce mal-être qui s'éteint installé dans ma vie, ni cette façon dont la balance pouvait guider l'humeur de mes journées. Je me demande où je trouvais la résistance pour ne pas avaler toute cette nourriture devant mes yeux. Mais je regrette surtout le nombre de journées où j'aurais pû être heureuse sans ces fichus chiffres à la con, qui n'ont aucun sens pour personne. Et qui n'en avaient pas pour moi, auparavant. Je me souviens encore de ces soirées dans mes draps à pleurer sur mon sort parce que mes parents m'avaient obligée à manger un féculent ou autre chose bien gras. Je ne comprends pas. Je ne me comprends pas. Comment ai-je pu en arriver là ? Au point de perdre mon sourire, perdre certaines personnes qui sont encore si chères à mes yeux. Comment ai-je pu ? Je ne sais pas. Je n'en sais rien mais il y avait quelque chose au fond de moi qui me dictait que je ne serai jamais heureuse sans l'obtention de mon poids soi-disant idéal, mon objectif qui diminuait à chaque fois que je l'atteignais. 60 Kilogs puis 55 et puis j'ai voulu 50.
J'avais perdu ma joie de vivre. On me décrivait comme une fille souriante, élégante, jolie, toujours bien fringuée mais jamais triste, ni négligée. On me disait que je redonnais le sourire au moindre regard. J'étais comme ça mais au fur et à mesure du temps j'ai tellement changé à cause de ces fichues histoires de poids et de taille de vêtements. Mais est-ce que la vie tourne autour d'un chiffre indiqué sur la balance ou sur l'étiquette d'un vêtement ? Pour être iconne de la beauté faut-il absolument rentrer dans une taille 34 (voire 32) ? J'y ai cru pendant un bon moment.
Avec du recul, je comprends que toute ces histoires de poids, chiffres et balance, c'est que de la foutaise. Se priver, compter les calories, avoir peur des sorties entre amis pour ne pas prendre un gramme ou voire faire du sport pour ne pas prendre de muscles comme disent certaines, est-ce une vie ? NON. La vie ce n'est pas ça. C'est rire, en profiter, sourire, plaisanter, aimer, s'aimer, plaire, se chouchouter, vivre et non pas survivre pour un fichu objectif à la con. Aller se coucher en se retournant tant de fois en se demandant combien aurai-je perdu demain. Remonter des dizaines de fois sur la balance pour être certaine que c'est le bon poids. La sortir plusieurs fois par jour pour vérifier si l'on pas pris un gramme après ce que l'on vient de manger. Vous rendez-vous compte à quel point cela peut virer au ridicule ?
A chaque fois que je surfe sur les blogs de filles au régime, je peux constater à quel point la jeunesse d'aujourd'hui est devenue complètement folle et irresponsable. Ces filles là qui se nourrissent de n'importe quoi pour maigrir, rien que des légumes ou ci et là. Tout le monde sait que la réussite et la durée d'un régime dépend de l'équilibre et de bonnes quantités. Mais apparemment certaines croivent encore au père noël et lorsqu'elles ont perdu 400 grammes le lendemain d'une journée jeûne, elles en sont tellement fières.
Je ne vais pas vous cacher que ces pensées me traversaient l'esprit il y a encore quelques mois. Ni vous cacher que j'ai à présent de graves carences. Mais j'ai repris une alimentation équilibrée et du sport au quotidien. Et avec du recul, je peux me rendre compte à quel point c'était ridicule. A présent, je fais un 36 en pantalon et je suis vraiment fière de mon parcours. Demain, je reprends mes entraîments d'athlétisme pour recommencer mes compétitions dans quelques mois. Aujourd'hui je suis heureuse. Parce que je me trouve jolie, j'aime beaucoup de choses chez moi. J'ai pris compte que tout le monde avait des défauts, mais ce qu'il fallait surtout, c'est des différences entre chacun pour former un monde. On voudrait toutes se ressembler, mince, des jambes comme des bâtons et voir les côtes ? Non, je refuse, il faut de tout pour faire un monde.
Désolée pour la longueur, mais c'est tout ce que je ressens à présent. C'est ridicule de vouloir ressembler à ce que l'on n'est pas. Et malheureusement beaucoup de jeunes filles ne l'ont pas encore compris... J'espère vraiment que pour elles, le déclic viendra
;)